Savoirs

Savoirs : étude des interactions entre la production de connaissance scientifiques et la circulation des savoirs d’une part ; étude des conditions de transmission de ces savoirs au sein de l’Ecole et au sein du corps social plus globalement (communautés apprenantes par exemple)

Nouvelles dynamiques informationnelles : La transition numérique introduit de profondes modifications dans notre rapport à l’information. Des variations d’échelles permanentes entre les niveaux macro, méso et micro imposent une plasticité nouvelle à l’information dans la dynamique de constitution de l’opinion publique (empowerment). En modifiant la chaîne de production de l’information, l’utilisation de nouveaux outils induit également le traitement de nouvelles thématiques. Nos interrogations portent particulièrement sur la place des newsgames par exemple dans la production de l’information ; sur les liens entre journalisme, information et savoir ; enfin sur la formation des journalistes et sur leur statut.

Ecrilecture et apprentissage : L’activité scientifique se caractérise notamment par une activité de lecture-écriture au sens large : annotation, analyse, catégorisation, représentation, communication, diffusion… C’est bien par un travail répété de lecture et d’écriture que l’on acquiert les connaissances qui permettent l’intelligibilité du monde sensible. L’ « écrilecture » telle qu’elle est envisagée avec l’avènement de l’hypertexte sur le web modifie non seulement le cycle de production et de diffusion des résultats de la recherche, mais également nos schèmes cognitifs d’apprentissage. Cette transition interroge les littéracies nécessaires à la maîtrise des flux informationnels d’un ensemble hypertélique de dispositifs socio-techniques. Nos interrogations portent sur les modes de production et de diffusion des connaissances ; sur les compétences pour comprendre/appréhender les processus de production, diffusion et transmission des connaissances.

En somme, si //TransitionS étudient la circulation des informations (production, transmission, diffusion) au sein des systèmes sociaux d’une part, et les communications entre systèmes sociaux et environnement d’autre part, son objet propre tient à l’articulation de celles-ci et de celle-là (loose coupling vS strict coupling). Le projet MUSE Monitoring Urbain Santé Environnement constitue une illustration emblématique de cette double implication. Via une application fournissant des informations sur la qualité de l’air et l’exposition de l’utilisateur aux polluants divers, le patient peut indiquer en temps réel les symptômes dont il est affecté. Les médecins peuvent consulter le bilan de ces déclarations. Ainsi s’établit une relation nouvelle et collaborative entre patient et médecin. Sur la base de cette relation, de nouveaux savoirs généraux pourront être construits concernant les effets de la qualité de l’air sur des patients. Si les indicateurs recueillis peuvent être actualisés en contexte (couplage type/token), s’ils permettent aux patients d’obtenir des recommandations personnalisées, parallèlement la perception par ces patients de notion d’environnement se trouve singulièrement modifiée. Au-delà de l’exemple, la pertinence de tels couplages permet d’interroger la notion d’information comme unité « fonctionnelle » dans le réglage des rapports entre système et environnement.